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Hanane Housni dresse un portrait de la jeunesse marocaine

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Hanane Housni est une jeune photographe belge d’origine marocaine. Membre du collectif Bellavieza, elle s’interroge photographiquement sur sa double identité et les relations qui la lie avec sa terre d’adoption d’une part, et sa terre d’origine d’autre part. En 2012, elle a photographié des jeunes de Marrakech et nous livre aujourd’hui ce projet tout récent, empreint de grandes questions et de quelques réponses.



La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni



► ► ► Cet article fait partie du dossier Quand les photographes regardent le Maghreb

Texte d’Hanane Housni :
J’ai eu l’occasion d’élaborer ce projet en participant à une résidence d’artiste au Maroc en 2012 via l’association du BIJ dans le cadre de Daba Maroc, d’une durée de 15 jours.

Étrangère ici et immigrée là-bas, que représentait pour moi la citoyenneté ?

Je m’aperçois qu’en tant qu’enfant d’immigrés, on se retrouve devant la difficulté de s’identifier aux parents, l’ambiguïté de l’héritage d’une mémoire familiale et à la fois privée d’une mémoire collective nationale. J’ai pu découvrir le voile que je m’étais mis devant les yeux.
J’étais dans un pays où j’aurais dû, selon certains, me sentir moi, me sentir bien, me sentir chez moi tout simplement. À maintes reprises, j’ai entendu ce discours. Je me suis sentie sans cesse rejetée de part et d’autre. En Belgique, je suis considérée encore comme issue de la « deuxième génération », une enfant d’immigrés. On me pose souvent des questions sur un pays qui n’est pas le mien. Au Maroc, j’ai constaté que le terme utilisé pour nous désigner est « les immigrés ».


La jeunesse de Marrakech

« Hiba Chaari » : Rêve d’être écrivaine. Elle étudie le cinéma (à l’ESAV) et la littérature qu’elle a mis de côté pour le moment. Elle est consciente qu’elle à peu de chance pour être cinéaste, mais elle à l’espoir de changer ces pensées au Maroc et de pouvoir faire ce qu’elle aime. Cette année, elle fait un film sur sa propre histoire d’amour. © Hanane Housni



Lors de cette résidence avec le BIJ (Bureau international Jeunesse), il m’a semblé intéressant d’aller à la rencontre des jeunes Marrakechis issus de la génération Y.
Au Maroc, c’est une génération qui a grandi dans un environnement sociopolitique relativement stable. Ils sont pour moi la citoyenneté de demain, l’espoir d’une civilisation.

J’ai été à leur rencontre, pour constater un présent, une quête d’identité, une quête de l’autre et une dimension personnelle qui était aussi d’aller à la rencontre de mes origines. J’avais aussi l’espoir de constater un changement des mentalités depuis la génération de mes parents.

Je constate que le passage à la modernité ne s’est pas fait en douceur, toutes les valeurs ont été prises à l’extrême. Ce pays confronté à la modernisation est encore trop traditionnel alors que la modernité traverse les moeurs avec de lourdes conséquences. Ils sont partagés entre une liberté occidentale, une culture traditionnelle et leur conviction religieuse. Le silence laisse place à une distorsion des pensées, les maux de toute aliénation.

Je me rends compte qu’il n’y a pas de différence entre eux et moi, nous cherchons sans cesse à définir un « Je » nous jonglons entre ces identités, un moi instable toujours en mouvance.

Sites internet :
hananehousni.com
bellavieza.com


La jeunesse de Marrakech

Ils n’ont pas dit leur nom, l’un d’eux était sous l’emprise de drogues. © Hanane Housni




La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni



La jeunesse de Marrakech

« Aymen S. » : À 18 ans, vient d’avoir son bac de physique. Fait partie de l’association « Maroc génération » depuis 5 mois, il s’est engagé, car il est touché par la pauvreté, aime faire la charité. Ce qu’il aime à Marrakech c’est les boîtes de nuit. Les initiales de son tatouage sont la première lettre de son prénom et son nom de famille tenu secret à cause de la profession de son père. Son but est de devenir businessman, pour gagner encore plus d’argent que ses parents. © Hanane Housni



La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

« Simo » : 18 ans, étudiant en classe prépa de math-physique. Il veut devenir ingénieur. Dû à ses études et son ambition de perfection, il n’a pas le temps de vivre son adolescence. Il se réfugie dans le sport de free fight, cela lui permet d’oublier sont enfance blessée par les remarques sur son poids. © Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

« Sana » : 20 ans, elle vient d’Ouarzazate. Elle est diplômée depuis peu en secourisme. Elle est enceinte de 7 mois hors mariage, d’un homme dont elle est follement amoureuse. Elle ne pense pas garder l’enfant, car elle veut retrouver sa famille. L’association essayera de lui trouver une solution. © Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

« Salwa » : 24 ans, elle est originaire d’un petit village non loin de Marrakech. Elle tombe enceinte hors mariage, d’un homme parti vivre en Italie. Sous l’emprise sociale, le bébé sera mis à l’adoption. Elle restera dans le centre des femmes jusqu’à ce qu’on lui trouve un endroit stable pour y vivre. © Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

« Yassine » : 25 ans, Étudiant à l’ESAV, option cinéma. Il se spécialise comme monteur de son. Très francisé, il a fait des études d’ingénieur à Paris. © Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

« Maha » : 29 ans, est d’origine de Safi (ville à coter de Marrakech). Elle est à Marrakech pour travailler. Elle a fait des études d’art dramatique. Elle est assistante-administratrice dans un Riad. Elle adore chanter. © Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

© Hanane Housni

La jeunesse de Marrakech

« Fatine » : Étudiante en graphisme. Très féminine et très traditionnelle. Elle vit la modernité telle qu’elle lui vient. Elle tente de trouver l’amour dans un Maroc qui a laissé place au matérialiste et l’envie de l’eldorado. Une quête qui devient un rêve d’avenir. © Hanane Housni