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De quoi la fin du monde sera-t-elle faite ? Qu’y aura-t-il avant, voire après ? Face à ces questions, difficile de ne pas laisser galoper son imagination… Nous vous avons sélectionné divers scénarios visuels qui matérialisent nos craintes d’une éventuelle apocalypse. Pure fiction ? Prévision ? Futur proche ? Voici trois portfolios qui vous laisseront imaginer le pire… pour, on l’espère, vous donner envie de penser le meilleur !



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Laudromat at Night © Lori Nix


Films de science-fiction, prophètes de fin du monde, voire anticipations de dates possibles : la fin du monde nous fascine autant qu’elle nous effraie. Ce thème, récurrent dans les productions culturelles et les médias, trouve sa source d’inspiration dans les catastrophes naturelles, climatiques ou humaines, souvent vues, soit comme des symptômes, soit comme des formes miniatures de l’instant t.

À l’occasion de la COP21, Conférence de Paris sur le Climat, nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir des portfolios à l’atmosphère apocalyptique qui en disent finalement plus sur nous et sur nos craintes quant à notre propre avenir, que sur celui du climat et de la planète en elle-même.


Lori Nix : après l’apocalypse, un nouveau monde ?

Commençons par le plus évident : quand on regarde de nombreuses images de « fin du monde » ou d’apocalypse, on constate que ces termes sont parfois utilisés, non pas tant pour visualiser la fin de la planète terre, mais celle de l’humanité. S’interroger sur la manière dont se déroulera la fin du monde prend alors la forme de la question suivante : à quoi ressemblera la planète – et donc les vestiges des civilisations humaines – une fois que les hommes auront disparus de sa surface ?



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Circulation Desk © Lori Nix


Le travail de Lori Nix, « The City », nous apporte un élément de réponse. Fascinée depuis son enfance par les univers dystopiques et les films de science-fiction (La Tour infernale, La planète des singes ou encore Tremblement de terre), la photographe américaine s’est plu à imaginer la ville du futur : une ville devenue inhospitalière, ravagée par des tremblements de terre, des tornades ou des inondations à répétition. La vision de Lori reflète celle que pourrait avoir le dernier survivant qui, errant parmi les ruines, contemplerait le « jour d’après ».



Mall
Mall © Lori Nix


Sur cette image, un centre commercial en ruine. Ce qui faisait la fierté (d’une partie de) l’humanité s’est retourné contre elle et les belles vitrines ont été remplacées par des plantes luxuriantes. Les vestiges de cette ville seraient alors les traces d’un monde ancien au sein d’un nouveau qui, après l’apocalypse, renaîtrait de ses cendres.


Collectif trois8 : avant la fin du monde… l’angoisse (et ses multiples formes) !



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Apocalypse Shows © Ayesta Bohely – Trois8.fr


Réchauffement de la planète, montée des eaux, ère glaciaire ou raréfaction de l’eau. Les informations sur les dérèglements climatiques, largement disponibles aujourd’hui, nous font facilement anticiper un avenir peu reluisant. Toutefois, la forme que celui-ci pourrait prendre reste largement incertaine. Partant du principe que tout un chacun possède sa propre réponse à la question, le collectif de photographes trois8 a choisi de mettre en scène, non pas l’apocalypse en tant que telle, mais les comportements, caricaturés à l’extrême, découlant de ces interprétations personnelles.



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Pandemie © Ayesta Bohely – Trois8.fr


Ces images, drôles et absurdes au premier abord, semblent en fait critiquer la propension de certains à prendre des mesures individuelles et superficielles à des problèmes et enjeux globaux, plutôt que de chercher à construire une solution collective transformant de manière profonde nos modes de vie.


Yoshimitsu Umekawa : l’apocalypse ? irreprésentable.

Et l’apocalypse, l’instant T, à quoi ressemble-t-il dans tout ça ? Les travaux existants sur l’apocalypse permettent plus de visualiser ce qui pourrait se passer la veille ou à ses lendemains. Mainte fois fantasmée, mais difficilement concevable, serait-elle dès lors irreprésentable ?



Incarnations #016 (Night-gaunts), 2012

Incarnations #016 (Night-gaunts), 2012, © Yoshimitsu Umekawa


L’apocalypse, face à la multitude de scénarios et de spéculations qui l’entoure, est peut-être d’autant mieux représentée qu’elle prend la forme d’images métaphoriques.

Les photographies du japonais Yoshimitsu Umekawa sont de cet ordre. Les catastrophes climatiques qui sévirent ces dernières années au Japon (tremblements de terre, explosion nucléaire, tsunamis…) ne sont pas étrangères à la naissance de cette série. Intitulée « Incarnation », elle compte des dizaines et des dizaines de variations aux formes plus ou moins menaçantes et oniriques. On pourrait débattre pendant des heures de ce que l’y on voit. Ce sur quoi on peut facilement tomber d’accord en revanche, c’est, qu’en prenant une apparence opaque et grumeleuse, elles nous mettent mal à l’aise, autant qu’elles nous fascinent. Et qu’elles nous questionnent tout en nous laissant sans réponses. En cela, elles valent tous les scénarios du monde : si l’on ne peut savoir de quoi l’avenir sera fait, on peut en revanche, à partir des éléments et des données qui sont à notre disposition, suffisamment spéculer pour chercher des solutions et prendre des dispositions pour tenter d’éviter le pire.



Incarnations #043 (Videodrome), 2015

Incarnations #043 (Videodrome), 2015, © Yoshimitsu Umekawa


Ces images en disent finalement plus sur nos peurs quant à notre propre avenir (et accessoirement celui de la planète ?) que sur la forme que pourrait prendre l’apocalypse : qu’adviendra-t-il de l’humanité ? Quel(s) comportement(s) adopter si nous devions être la génération qui y fera face ? Protéger l’humanité, préserver la nature, même combat ?


Pour aller plus loin :

– Voici le site Internet de Lori Nix…
– … celui du collectif trois8, composé de Carlos Ayesta, Audrey Boehly et Guillaume Bression …
– … ainsi que le site et les comptes Facebook et Instagram de Yoshimitsu Umekawa.