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Les sujets d’Alexandra Polina sont nés en Allemagne et appartiennent aux minorités visibles qui y vivent. Dans sa série « Masques, mythes et sujets », elle a traduit en images leurs expériences et ressentis de personnes allemandes, vivant en Allemagne, mais perçues d’emblée comme étrangères.

Toutes les images, © Alexandra Polina





Quelle est l’esthétique de la perception de l’altérité ? À partir de combien de différences est-on perçu comme un étranger ? Que ressent-on, quand on est aussi local que les autres, à être sans cesse écarté ? C’est le va-et-vient de cette distance sans cesse mouvante qu’Alexandra a étudié pour son travail de fin d’année à l’Université de Bielefeld.

Née en Ouzbékistan, Alexandra a étudié et vit en Allemagne : « Je ne suis pas allemande, mais je suis d’ici maintenant. Je fais partie de la société allemande. Comme je suis blanche, les gens ne projettent pas tout de suite leurs stéréotypes sur moi. Mais dès que je rencontre quelqu’un de nouveau et qu’il entend mon accent, on passe vingt minutes à parler de l’Ouzbékistan. C’est comme si c’était le seul trait qui me définissait. Au début, quand je venais d’arriver, c’était chouette, mais maintenant ? Cela fait des années que je suis là, que j’étudie et que je travaille ici. Si je n’appartiens pas à la société allemande, alors qui en fait partie ? », me raconte-t-elle.

Pour composer ses images, Alexandra a longtemps interviewé ses sujets. Chacun a répondu aux questions suivantes : Es-tu allemand ? Es-tu perçu comme allemand ? Quelle est l’histoire de ta famille ? Penses-tu qu’on te traite différemment parce que tu as l’air différent ? As-tu encore des relations avec tes origines ? Est ce qu’il y a quelque chose que tu détestes qu’on te dise ou qu’on te fasse à cause de ton apparence ?






































Découvrez les autres travaux d’Alexandra Polina sur son site Internet : alexandrapolina.com