Le dialogue photo-littéraire d’Alice Zeniter et Raphaël Neal

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La collection Collatéral des éditions le Bec en l’air croise la littérature et la photographie et établit un dialogue nouveau entre le mot et l’image par la rencontre de deux artistes. Dans De qui aurais-je crainte ? Alice Zeniter et Raphaël Neal unissent leurs voix pour un duo artistique sur la solitude provoquée par notre société moderne et le besoin de spiritualité.



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Les auteurs

Née en 1986, Alice Zeniter est une écrivain dramaturge issue de l’École Normale Supérieure. Après un premier roman à l’âge de 16 ans, elle publie Jusque dans nos bras en 2010 puis Sombre Dimanche, qui a reçu le Prix du Livre Inter en 2013. Elle est actuellement en thèse d’études théâtrales à l’université Sorbonne Nouvelle.

Raphaël Neal est un acteur, réalisateur et photographe français. Sa photographie, travaillant essentiellement le portrait et l’autoportrait, est très inspirée de la mise en scène cinématographique comme dans sa série de fausses affiches de films Bates Production. Il a précédemment collaboré avec Alice Zeniter pour son adaptation cinématographique de Fever, roman de Leslie Kaplan.



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Le livre

L’écrivain s’est basée sur la série photographique de Raphaël Neal, réalisée entre 2008 et 2011, pour raconter les destins d’un homme et d’une femme qui ne se croiseront pas. Lui est un homme accompli professionnellement qui ne sait pourtant plus où se situe son « humanité ». Elle, fraîchement célibataire, fait les ménages la nuit dans une tour de bureaux. Au fur et à mesure, la solitude et l’isolement les gagnent, favorisés par une société contemporaine entre transports, consommation, réseaux sociaux et mal d’amour. Peu à peu, Élisa souffre de migraines de plus en plus violentes. Si ses proches pensent qu’elle recherche l’attention, elle en est persuadée, ce sont les ondes magnétiques des appareils électroniques la cause de son mal-être. Un jour, la douleur est si forte qu’elle lui offre accès à un paysage pur, un ailleurs qu’Élisa souhaite retrouver.



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Au fil des pages, les images de Raphaël Neal sont de plus en plus présentes. Des photos de paysages, de végétations qui répondent aux besoins de nature des personnages oppressés. Un prêtre à la peau rouge apparaît dans ses paysages, vêtu d’habits de couleurs. Comme hors du temps, l’homme aussi étrange que majestueux ne montre jamais son visage. Il apparait comme une réponse à la dépersonnalisation et l’aliénation provoquées par la modernité, la recherche d’un salut face aux angoisses et aux blessures du quotidien. Le titre fait référence à la Bible et au psaume de David: « le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte? ». Et pourtant, le prêtre rouge a l’air aussi accablé et désespéré.



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En savoir plus :

De qui aurais-je crainte?, Alice Zeniter et Raphaël Neal
Editions Le bec en l’air, collection Collatéral
14,90
Se procurer le livre sur internet


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Camille Périssé étudie le cinéma à Paris III. Parallèlement à ses études, elle est rédactrice chez OAI13.