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Mois de la Photo, et si on faisait un tour à Berlin ?

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Du 16 octobre au 16 novembre, Berlin fêtait les dix ans de son Mois Européen de la Photographie. Organisé par l’organisme à but non lucratif Kulturprojekte-Berlin, le festival a réuni 2000 photographes autour du thème : « Bouleversements et utopies. L’autre Europe. ». 115 musées, galeries, écoles, ambassades, project spaces et stations de métros ont libéré leurs murs pour accueillir les 500 expositions programmées.

Chaque génération porte en elle ses problématiques, ses visions du monde et ses utopies, captés par l’oeil des photographes. Chacun de leur point de vue, de leur regard possède sa propre couleur. Et si l’on s’en nourrissait pour construire une autre Europe, celle de demain ?

Au fil des expositions berlinoises, OAI13 a découvert des photographes de plus en plus critiques vis-à-vis du monde qui les entourent et de leur médium, la photographie. On a rencontré quatre de ces artistes qui refusent de se positionner en simple témoin des faits : chacun à leur manière, ils font de leurs œuvres des espaces de questionnements qui nous font revenir à la réalité avec un nouveau vocabulaire visuel.



© Torben Geeck
© Torben Geeck


Lundi : Le Mois de la Photo de Berlin s’interroge sur l’Europe de demain

Il n’y a pas qu’à Paris qu’un mois durant, la ville vit au rythme des expos photos. Le Mois de la Photo existe aussi à Athènes, Berlin, Bratislava, Budapest, Ljubljana, Luxembourg et Vienne aussi ! Conçus sur le modèle parisien, ces festivals automnaux européens fleurissent dans les capitales européennes depuis les années 1980. Du 16 octobre au 16 novembre, Berlin organisait la sixième édition de son « Monat der Fotografie » sous la direction artistique de l’historien de l’art Frank Wagner.


Mardi : Yann Tostain : « Aucune image ne vaut comme pure image »

Yann Tostain est un photographe français résidant à Berlin. Quand cet ancien étudiant en psychopathologie et philosophie découvre la photographie, c’est pour y porter un regard critique, presque suspicieux : ce que l’image véhicule, ce n’est pas tant une vérité qu’une construction humaine fondée sur la structure de notre langage. Vous ne comprenez pas ? OAI13 a rencontré Yann pour qu’il nous explique ce que signifiait, au juste, une telle affirmation. En chacun de nos actes et de nos oeuvres, nous sommes encore et toujours des « héritiers » du langage, … et les photographes n’y échappent pas.



© Rafa Raigon
© Rafa Raigon


Mercredi : Rafa Raigon joue avec la photographie comme il jouait sur scène

Rafa Raigon est un photographe espagnol. Il arrive il y a cinq ans à Berlin, en tant que comédien. Nouveau venu dans un pays où la langue lui est étrangère, il abandonne le théâtre et trouve en la photographie sa nouvelle compagne de vie. Exposé durant le Mois de la Photo OFF à Berlin, il présente dans sa galerie son premier grand projet, « Los Guardacasetas ».



© Trevor Paglen
© Trevor Paglen


Jeudi : Surveillance d’État : Trevor Paglen rend visible les sites secrets américains

L’oeil de Trevor Paglen n’est pas simplement celui d’un photographe : il est aussi celui d’un géographe, d’un scientifique et d’un journaliste. Pour ses travaux, il en décuple les capacités en recourant à des téléobjectifs et télescopes. Pourquoi au juste ? Pour photographier l’Etat de surveillance américain dont les structures effectives se dérobent au regard. Quels sont les dispositifs de pouvoir mis en place au XXIème siècle ? Où se situent-ils et à quoi ressemblent-ils ? Autant de questions pour lesquelles Trevor préfèrent nous donner des images plutôt que des réponses. Son travail est exposé jusqu’au 15 décembre au musée Martin Gropius Bau à Berlin dans le cadre du mois européen de la photo.



© Andreas Mühe
© Andreas Mühe


Vendredi : Andreas Mühe, baisers amers d’Obersalzberg, là où résidait Adolf Hitler

Au premier abord, ce sont de magnifiques photographies des Alpes bavaroises que nous présente le photographe allemand Andreas Mühe durant le Mois Européen de la Photographie de Berlin. Sauf que dans ces belles montagnes, répondant au nom d’Obersalzberg, Adolf Hitler y avait élu résidence. Et qu’à y regarder de plus près, noyés dans le paysage, on finit par distinguer des uniformes nazis dont les possesseurs urinent dans la neige immaculée. Mais que se trame-t-il donc à Obersalzberg ? Rencontre.

| Image de une : Torben Geeck

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