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Mais qu’arrive-t-il à la photographie de mode ?

On se l’imaginait conçue pour mettre en valeur des vêtements, incarnée par des silhouettes correspondant à des idéaux de beauté. Qu’elle soit frileuse, provocatrice, déjantée ou artistique, elle semblait vouloir nous surprendre en restant tacitement dans le périmètre tracé par ces critères.

Les années 2000 avaient déjà apporté avec elles leur lot de surprises comme les blogueurs mode, le street-style et la photographie normcore, pour n’en citer que quelques-unes. Ne cessant d’explorer de nouveaux territoires, on retrouve aujourd’hui l’image de mode là où on l’attendait le moins. Elle met en scène des égéries virtuelles qui ne pourront jamais exister en dehors de l’image, se retrouve des projets d’arts plastiques qui semblent donner au vêtement un rôle secondaire, voire flirte avec des problématiques aussi brûlantes que la crise des réfugiés, les violences domestiques ou la guerre du Golfe.

New York, Londres, Milan et maintenant Paris. Alors que les Fashion Weeks se succèdent depuis maintenant un mois, on vous a préparé un dossier pour éclairer et interroger les re-positionnements de la photo de mode.





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Guerre, crise des réfugiés et marée noire : la photographie de mode peut-elle faire rêver de tout ? par Nathalie Hof

2003 : début de la seconde guerre du Golfe, 2008 : séisme au Sichuan en Chine, 2010 : marée noire dans le golfe du Mexique, 2012 : affaire du viol collectif de New Delhi, 2015 : crise des réfugiés. Ces tensions politiques, catastrophes humaines et écologiques marquent l’actualité depuis une dizaine d’années et ont été couvertes par des médias et des photojournalistes du monde entier. Ce que vous savez peut-être moins, c’est qu’elles ont aussi toutes occupées les pages de magazines ou de portfolios mode, suscitant souvent de vives polémiques. Qu’a donc à faire la photographie de mode avec de telles problématiques ?





Marie Delagnes, série Bloom
Marie Delagnes, série Bloom

Quand les arts plastiques infiltrent la photo de mode par Bruno Dubreuil

A l’opposé d’une image clinquante et tapageuse, de shootings provocateurs ou à gros budget, la photo de mode se réinvente de manière plus subtile mais non moins convaincante en empruntant des démarches liées aux arts plastiques. Rencontre avec trois jeunes créatrices qui revendiquent une approche complètement plasticienne pour traiter vêtements, matières et modèles.





Lightning, héroïne de Final Fantasy XIII, designée par Tetsuya Nomura et utilisée comme égérie dans une campagne Louis Vuitton.
Lightning, héroïne de Final Fantasy XIII, designée par Tetsuya Nomura et utilisée comme égérie dans une campagne Louis Vuitton.

Mode : les égéries virtuelles ne datent pas d’hier par Fraw

Quand Louis Vuitton a annoncé prendre pour égérie le personnage virtuel Lightning du jeu vidéo Final Fantasy, la presse et les blogueurs se sont félicités de la fusion entre le monde réel de la mode et le monde virtuel des jeux vidéos. « La réalité et le fantasy ne font plus qu’un : Lightning est une héroïne authentique dans la nouvelle campagne Séries 4 de Louis Vuitton » annonce le créateur Nicolas Ghesquière, directeur artistique de Louis Vuitton, sur son compte Instagram. Les mots sont lancés : « réalité », « authentique ». Le jeu vidéo, ce monde virtuel se mêlerait enfin à l’authentique réel. Mais est-ce vraiment le cas ? Cette relation entre gaming et mode ne commence-t-elle que maintenant ? Réponse en un petit historique.



FEED : Une photo de mode qui pense la société



Image de une : Lightning, héroïne du jeu Final Fantasy XIII designée par Tetsuya Nomura, égérie d’une campagne de Louis Vuitton.