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Ouvrez « The Eyes »

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The Eyes : revue photographique

Depuis plusieurs mois qu’on en entend parler, la revue The Eyes n’en finissait plus de faire des impatients. Un numéro zéro rapidement aperçu à Arles, une promesse de contenus solides et surtout une expérimentation bimédia laissait perplexe tout un milieu en attente de nouveautés et de propositions. Ce soir, 18 septembre, le numéro 1 sera lancé et inauguré à la Maison Rouge. Portfolios de Gianni Cipriano ou d’Eva Leitolf, conversations avec Paul Wombell, commissaire d’exposition, Pascal Lamy, directeur de l’Organisation Mondiale du Commerce, ou Mohammed Bourouissa, artiste plasticien, plongée dans l’underground belge avec Marc Borgers ou dans l’imaginaire satirique de Carlos Spottorno, The Eyes déborde de contenus intéressants. À quelques heures de son lancement, Our Age Is Thirteen a rencontré une partie de l’équipe portant ce projet : Vincent Marcilhacy, directeur de publication et Guillaume Lebrun, membre du comité éditorial.

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[pullquote type= »1″ align= »center »]À nos yeux, l’édition papier a un marché. Mais pour autant, ce marché ne peut plus exister seul.[/pullquote]

Age13 : Qu’est-ce que The Eyes ?
Vincent Marcilhacy : The Eyes est une revue de photographie bimédia dédiée à l’Europe. C’est le projet collectif d’une équipe pluridisciplinaire qui a des expériences multiples dans le domaine de la photographie, du digital, de la création graphique et des sciences politiques.

Age13 : Pourquoi cet axe bimédia ?
Vincent Marcilhacy : Depuis quelques années, dans le champ de l’édition, on parle beaucoup de l’avenir de l’édition imprimée et de la conquête du digitale. On a tendance à opposer ces deux pratiques comme des ennemis sur un champ de bataille, comme si l’un devait finir par laisser sa place à l’autre.
Nous, nous partons d’un principe différent. À nos yeux, l’édition papier a des vertus capitales, un avenir considérable, des passionnés, bref, elle a un marché. Mais pour autant, ce marché ne peut plus exister seul. On ne peut pas ignorer la présence de confrères liés au digital qui commencent à occuper un espace de pratique de plus en plus important. Pour nous, le bimédia, et plus particulièrement le papier connecté, sont les enjeux éditoriaux de demain.

Age13 : Qu’est-ce que le papier connecté ?
Vincent Marcilhacy : Le papier connecté c’est la communication entre le digital et le papier au service du lecteur et d’une meilleure consommation des publications, par la reconnaissance visuelle et la réalité augmentée.
Néanmoins, nous avons voulu adopter une certaine démarche à The Eyes. Nous sommes au fait de tout ce qui est possible techniquement mais nous avons voulu nous concentrer sur ce qui était utile pour le lecteur. Je prends un exemple : le travail de Mohammed Bourouissa sur le statut des chômeurs. L’artiste part d’une numérisation en 3D d’un personnage dans l’arrière d’un camion, qu’il passe ensuite en 3D par accumulation de couches et il en fait à la fin une statuette d’une vingtaine de centimètres. Nous, on propose au lecteur de la revue papier de faire ce même parcours grâce à la reconnaissance visuelle. De même, dans notre sélection livre, le lecteur peut,à partir de son application iPhone, feuilleter quelques pages du livre chroniqué.

Age13 : Est ce que ça veut dire qu’on accède à The Eyes d’abord par le papier ? Ou chaque média peut-il vivre indépendamment ?
Vincent Marcilhacy : Dans le papier connecté, il y a la notion de papier et de digital. Mais les deux versions, iPad et papier sont absolument égales et construites de la même manière. Elles ont la même ligne éditoriale. Nous ce qui nous intéresse c’est de faire faire au lecteur des allers et retours entre ces contenus digitaux et papier. Nous avons développés trois services pour nous aider à cela : The Eyes Link, The Eyes Limited et The Eyes Map.
The Eyes Link vous permet, à partir du papier, d’accéder à des contenus 3D, vidéo ou sonore. The Eyes Limited vous propose, à partir de l’interface digitale, de commander des tirages de collections de certaines images des portfolios publiés à partir d’une interface que nous avons développé avec Picto galerie. Et enfin, The Eyes Map permet à l’utilisateur de suivre l’actualité de près de 500 lieux de la photographie en Europe.

[pullquote type= »1″ align= »center »]La photographie est désormais protéiforme, tout comme sa consommation.[/pullquote]

Age13 : À l’image d’une pieuvre, vous êtes partis de la photographie pour vous étendre à tout ce qui la touche de près ou de loin. Pourquoi ce projet global et protéiforme ?
Vincent Marcilhacy : L’élément central est la fonction de la photographie aujourd’hui. Vous parlez de pieuvres et de tentacules… Aujourd’hui la photographie a cette dimension là et ça n’est pas du tout péjoratif. Je suis lecteur et en même temps primo collectionneur. Je suis lecteur mais aussi spectateur de festival ou d’exposition. La photographie est désormais protéiforme, tout comme sa consommation.

Age13 : Pourquoi cette spécificité éditoriale sur l’Europe ?
Guillaume Lebrun : Aujourd’hui, comment parler de photographie ? Faut-il s’intéresser au photoreportage ? À la photographie documentaire ? Rester dans l’univers des galeries ? Il nous a semblé plus intéressant de se placer sur un thème transversal qui nous permettait d’aborder les questions actuelles de crise économique, culturelle et identitaire. Nous avons toujours été passionné par le thème de l’Europe. C’est un terrain de recherche et d’expérimentation gigantesque pour parler de photographie contemporaine.

Age13 : La rédaction est basée à Paris ?
Vincent Marcilhacy : Elle est pour l’instant basée à Paris, mais nous sommes en train de mettre en place un réseau de correspondants et d’ambassadeurs pour accompagner le projet partout en Europe.

Age13 : Quel est votre réseau de diffusion à l’échelle européenne ?
Vincent Marcilhacy : Notre réseau de diffusion se divise en deux axes : kiosques spécialisés dans la presse, et librairies et concept-stores spécialisés dans l’édition.
Nous serons évidemment partout en France, dans une quinzaine de pays européen et sept ou huit pays dans le monde où il y a une vraie attente pour ce type de publication (USA, Japon, Québec, Liban…).

Age13 : Une application Android est-elle prévue pour accompagner votre revue bimédia ?
Vincent Marcilhacy : Quand on a commencé à travailler sur cette revue, les grands projets de développement étaient plutôt tournés vers les systèmes d’exploitation IOS. Depuis quelques mois ça bouge beaucoup, donc ça veut dire aussi que la transition de projets IOS vers Android sera facilitée. En tout cas, aujourd’hui, lancer une application hybride n’est pas évident. Pour faire quelque chose d’aussi élaboré et personnalisé que ce que nous avons mis en place, ce n’était pas possible avec nos moyens actuels.

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Petit glossaire des revues next gen :
  • Bimédia : se dit d’un média qui existe conjointement sous forme papier et sous forme électronique. La revue se consulte sur papier ou se télécharge sur iPhone et iPad.
  • Papier connecté : moyen de lier le papier et le digital par le biais d’interfaces numériques comme le smartphone, les webcams ou les tablettes.
  • Réalité augmentée : désigne les systèmes informatiques qui rendent possible la superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel.

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