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Rencontre avec Myrtille Beauvert, attachée de presse à New York

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Cet article fait partie du dossier de la semaine du 16.04.14 : OAI13 à New York

Myrtille Beauvert vit entre Paris et New York depuis 3 ans. Attachée de presse dans le milieu de la photographie, elle s’est creusé son trou à coup de rencontres et de chance. Le temps d’un déjeuner à Central Park, Myrtille nous raconte son parcours.


Myrtille Beauvert est attachée de presse. Après avoir travaille pour la Maison Européenne de la Photographie puis l’agence de relations presse de Catherine Philippot, elle se lance en freelance et peu après commence à voyager entre Paris et à New York. Quand on lui parle de sa vie outre-Atlantique, elle dit tout de suite : « Les gens s’imaginent que la vie est glamour ici à New York. Mais s’ils savaient à quoi ressemblent le quotidien… S’ils savaient comme cette ville est dure ! » Et voilà, l’interview est lancée.

myrtille beauvertMytille Beauvert par ©Romain Corvez

OAI13 : N’est-ce pas ce glamour qui t’as d’abord attiré en premier lieu ?
Myrtille Beauvert : Non, pas vraiment. Je suis d’abord venue rendre visite à un ami qui y vivait, j’étais encore étudiante. J’y ai passé deux étés de suite. J’y ai fait des rencontres extraordinaires et appris la résilience américaine, qui est une notion qu’on ne connaît pas trop en France.

Qu’est-ce que la résilience ?
C’est le fait de tomber, et de se relever. De retomber, et de se relever. De tomber encore, et de toujours se relever. La résilience, c’est de ne jamais se laisser abattre. J’ai rencontré beaucoup d’artistes qui avaient trois jobs en même temps, des voyageurs venus du monde entier vivre leur rêve new-yorkais, des américains qui me racontaient leurs hauts et leurs bas. Cette expérience m’a donné un bon aperçu de ce que c’est de vivre à New York.

Pourquoi t’y es-tu installée ?
Mon copain avait une proposition de job ici et je l’ai suivi. J’ai continué à travailler en freelance avec mes clients français, et petit à petit j’ai commencé à rencontrer de plus en plus d’américains, et à me rendre compte que mon réseau français et européen les intéressait beaucoup. J’ai d’abord rencontré Andrea Smith, qui a été la directrice de la communication à Aperture pendant 9 ans. Elle cherchait une attachée de presse pour le lancement d’un livre à Paris. Elle voulait quelqu’un qui soit entre Paris et New York. J’ai commencé à travailler sur ce projet. Grâce à Andrea, qui avait une clientèle essentiellement photographique, j’ai rencontré énormément d’éditeurs et d’artistes, avec lesquels je continue de travailler, dont le photographe Michael Somoroff ou les éditions Daylight Books par exemple.

Comment as-tu intégré le milieu photo new-yorkais ?
Par les rencontres. Par exemple, j’ai travaillé avec le photographe Jean-Christian Bourcart qui m’a mise en contact avec le Bronx Documentary Center, alors en train d’ouvrir (en octobre 2011 ndlr). Ils ouvraient le lieu dans deux semaines et ils avaient besoin de bénévoles. Ils m’ont proposé de les aider, ce que j’ai fait. J’allais à Ikea, je montais des meubles… C’était l’effervescence. J’ai fini par leur dire que je serais certainement plus utile en faisant mon métier d’attachée de presse. À l’époque, j’avais un colocataire qui travaillait à l’AFP. Il ne couvrait pas l’actualité culturelle et il s’ennuyait un peu. Je lui ai dit : « Écoute, il y a ce nouveau lieu dans le Bronx qui montre le travail du photographe Tim Hetherington qui vient de décéder en reportage. Ce serait intéressant de faire un article dessus.» Il me dit ok, il y va et rencontre tout le monde. Son papier a été repris partout. Il y a eu une couverture presse internationale incroyable. J’aide depuis le Bronx Documentary Center sur la presse internationale et européenne en particulier, que je connais bien. Je suis toujours ravie d’entendre sur les foires et les festivals en Europe les gens parler de cette petite galerie dans le sud du Bronx dont la réputation a traversé les frontières !

Comment expliques-tu le magnétisme de New York ?
Les gens veulent avoir l’impression d’être là où ça se passe. Et New York a procuré ce sentiment pendant longtemps. Je pense que ça s’est un peu perdu aujourd’hui et notamment à Manhattan où il ne se passe plus grand chose de très excitant. Mais quand le Bronx Documentary Center s’est lancé, on avait vraiment l’impression de faire partie d’une aventure folle et nouvelle.

Le site internet de Myrtille Beauvert : myrtillebeauvert.wordpress.com

Cet article fait partie du dossier de la semaine du 16.04.14 : OAI13 à New York
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Molly Benn a co-fondé OAI13 en septembre 2013. Elle en a été la rédactrice en chef jusqu'en 2015. Elle est maintenant Community Editor FR pour Instagram. Ses opinions sur OAI13 sont les siennes et pas celles d'Instagram.