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La ville russe selon Tim Parchikov

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Tim Parchikov, Magnitogorsk

Depuis que le gouvernement russe a largement investi dans les Jeux olympiques à Sotchi, elle est devenue la 3e ville du pays selon RIA Novosti, l’agence de presse officielle sous tutelle du ministère de la Presse et de l’Information. Tim Parchikov fait partie des photographes russes qui ont largement étudié et analysé l’espace urbain national. De sa série Magnitogorsk, sur les « monovilles » (villes construites autour d’une usine à la  périphérie de Moscou), photographiées dans le gris de la pollution, Tim Parchikov propose un regard aiguisé. Photographe et réalisateur, il vit et travaille entre Paris et Moscou.

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OAI13 : Comment es-tu devenu photographe-réalisateur ?
Tim Parchikov : J’étais petit quand je me suis intéressé à la photographie et au cinéma. C’était surtout l’aspect visuel des choses qui m’intéressait. Quand j’avais 15 ans, j’ai décidé de devenir chef opérateur dans le cinéma. Pour passer les examens de l’institut du cinéma à Moscou, il fallait d’abords présenter de bonnes photos, donc je m’y suis mis sérieusement. C’est un peu plus tard, une fois étudiant, que j’ai compris que l’histoire, la narration étaient encore plus importantes.

OAI13 : Pourquoi ? Qu’avais-tu envie d’exprimer ?
T. P. : Au départ c’était très global, je voulais parler de tout ce que j’aimais, de tous les gens et de toutes les œuvres que j’adorais. Puis j’avais envie de parler de ce dont j’avais peur. C’étaient la solitude, l’angoisse, la perte de mémoire. Maintenant je m’y prends d’une façon plus ironique pour parler des sujets qui m’intéressent, comme la question de la copie et de l’original, comme les différents points de vue sur une même question, l’hypertexte ou les histoires qui se répètent et s’encerclent .

OAI13 : Entre Magnitogorsk et Peripheral Vision Moscow, tu as beaucoup travaillé sur l’espace urbain russe. Pourquoi ?
T. P. : Le rapport entre l’homme et son environnement urbain est quelque chose qui m’intéresse beaucoup. Qui influence qui ? Il y a toujours eu une co-influence. Je pense que dans beaucoup de pays, il y a eu un grand changement récemment, et c’est maintenant la ville qui influence l’homme, comme par exemple en Russie. C’est aussi le cas en Chine, où je travaille en ce moment, même quand la ville est bâtie tout récemment, ce qui est paradoxal.

OAI13 : Comment ta vision de la ville russe évolue-t-elle au cours du temps ?
T. P. : Il faut dire qu’à part certaines exceptions, comme Saint-Petersbourg, les villes russes ont toujours évolué d’une façon chaotique, il y a plusieurs raisons historiques et culturelles à ça. C’est ce que l’on voit aujourd’hui. Je ne peux pas dire que ma vision sur ce sujet ait beaucoup évolué.

OAI13 : Comment tes photographies étudient-elles cet espace ?
T. P. : Je ne suis absolument pas objectif. Je reste en dehors de mes photographies, je garde une distance. J’aimerais bien, en revanche, que le spectateur entre dedans, que je puisse, lors d’une exposition, le contempler à l’intérieur de la photographie en restant, moi, dans la salle.

OAI13 : Pour toi, quels sont les enjeux urbains pour les villes russes ?
T. P. : Ce sont les mêmes problèmes que pour toutes les villes des pays en développement, ce n’est pas original. L’absence d’espaces agréables à vivre, la pollution, le trafic, etc. La seule exception est peut-être le grand nombre de monovilles, de villes bâties à l’époque soviétique autour d’une seule usine. C’est un problème qui m’intéresse, et Magnitogorsk n’était pour moi que le début d’un plus grand projet sur ce sujet.

OAI13 : Comment te positionnes-tu par rapport à la scène contemporaine russe ?
T. P. : Comme un étranger. Et comme un Russe par rapport à la scène internationale.

Site internet : timparchikov.com
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Tim Parchikov, Magnitogorsk

Tim Parchikov, Magnitogorsk

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