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« Attention, indicible droit devant ! » | Guillaume Schneider

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Guillaume Schneider s’exprime par images floues. Photographe basé à Paris et bientôt exposé par la galerie Rivière Faiveley dans le cadre du mois de la photo, il est notamment l’auteur d’une série de ses ballades dans une peupleraie : Le tremblement de l’errant.

| Toutes les photos, © Guillaume Schneider



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► ► ► Cet article fait partie du dossier Le flou : Une autre façon de voir

Texte de l’auteur :
« L’origine de cette série tient dans une déambulation chaque jour recommencée à différentes heures, différentes saisons, dans un même endroit. J’avais ce paysage fort commun : une petite peupleraie au bord d’une maigre rivière. C’est un lieu intéressant : on y est seul parmi les arbres et ces arbres ne sont pas la nature. Ils sont rigoureusement alignés et cet alignement-même force l’étrange. La nature, ou ce qui en tient lieu, c’est la rivière. Si vous marchiez sur l’eau, vous la traverseriez en trois pas seulement. Pourtant, à l’occasion, son imprévisibilité la fait croître jusqu’à tout noyer.
Si vous regardez un paysage, pire encore : si vous vous y promenez, vous le modifiez. Évidemment, il vous change aussi, oriente vos pensées. C’est pour cela que je ne peux vous en dire plus : vous seuls saurez ce que vous voyez dans ces photographies. »



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Pourquoi le flou comme moyen d’expression ?
« Le flou est une pancarte proclamant « Attention, indicible droit devant ! » C’est à la fois un formidable avantage et un terrible écueil. Si cette ruse n’est pas utilisée à bon escient, elle ne sera que l’attelle d’une imagination boiteuse, une esthétique au service de rien.
Le flou indique que l’important n’est pas ce qui est représenté mais comment le regardant va s’approprier ce qu’on lui propose. On dit quelque chose que l’on ignore même après l’avoir dit. En vérité, c’est le regardant qui pose les mots et les comprend. On indique vaguement un sentiment qu’on ne nomme pas. Libre au regardant de s’y diriger ou pas, de faire des détours, de prendre ce qu’il veut.
Sitôt qu’il y a du flou, on laisse le champ libre au regardant.
On obtient ainsi une œuvre à deux. Je suis souvent étonné de ce que les gens mettent dans mes photographies. Des sentiments, des impressions parfois très éloignés de ce que moi-même j’imaginais. Évidemment personne n’a raison ni tort. Il faut en dire le moins possible pour ne pas contraindre les interprétations, ou plutôt pour les contraindre juste comme on veut. De ce point de vue, le flou est remarquable. Il indique une direction, sans qu’on sache trop laquelle ; s’il contraint à une chose, c’est à se promener en soi. »
Guillaume Schneider



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Son site internet : Guillaume Schneider

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