Home Expos EXPO | Raymond Depardon, Un moment si doux

EXPO | Raymond Depardon, Un moment si doux

1452
0
SHARE

Raymond Depardon expose une sélection de photographies couleur des années 1960 à 2013 au Grand Palais jusqu’au 10 février 2014.
L’exposition s’intitule « Un moment si doux ».

Note de la rédaction : ★★☆☆☆

 

[columns width= »1/2″]

Le photographe

Raymond Depardon fait partie des grands photographes français du XXe siècle.
Ses photographies ont témoigné de la guerre du Vietnam aux personnalités politique, ses films ont capturé la vie d’un tribunal et le regard grave de Nelson Mandela, ses livres vous parlent de l’errance, que ce soit en plein désert ou au cœur de la campagne française. Plus récemment, il a aussi réalisé le portrait présidentiel de François Hollande.

Le Grand Palais montre aujourd’hui un ensemble de travaux couleurs pioché dans l’œuvre du photographe du début des années 1960 à 2013. En effet, si Raymond Depardon est connu pour ses productions en noir et blanc, il a pourtant photographié en couleur tout au long de sa carrière. C’est cette partie moins connue de son travail que le Grand Palais expose jusqu’au 10 février 2014.

L’exposition

Raymond Depardon est un grand photographe, c’est incontestable. Néanmoins, « Un moment si doux » nous laisse tout de même perplexe, et ce, pour une raison principale : la lecture difficile de l’exposition. Cette dernière est construite d’une façon assez déstabilisante. Difficile de s’y repérer entre les sujets, les époques et les images, car peu de légendes et peu de textes vous orientent parmi ces photographies.
Raymond Depardon a mis du temps avant de s’intéresser véritablement à la photographie couleur. « Au début des années 1980, je faisais de la couleur parce qu’il fallait en faire, mais je ne pensais pas en couleur », explique-t-il. Il a beaucoup fonctionné par imitation et reproduit des cadrages à la Stephen Shore ou à la William Eggleston (deux photographes fondateurs pour la photographie couleur). Ainsi, au fil de l’exposition, on peut distinguer différentes écritures photographiques, mais il est difficile de reconnaître celle si particulière de Raymond Depardon. Selon les dires du photographe, c’est en 1984 qu’il a une révélation pour la couleur en dressant pour la Datar* (cf lexique) un portrait de la France. Pourtant, c’est justement en 1984 qu’il décide d’arrêter la couleur pour repasser à la pellicule noir et blanc avant de reprendre ce moyen d’expression au début des années 2000. À part un ensemble d’images sur le Chili en 1971, Beyrouth en 1978, Glasgow en 1980, le reste de l’exposition présente un melting pot de photographies sans contexte ni mise en perspective. Des photographies d’Afrique du Nord côtoient des clichés des États-Unis sans que le contexte historique ou la construction des images ne les associent.
Finalement, cette exposition révèle une chose intéressante : que Raymond Depardon n’a fait que très peu d’images couleur. Le Grand Palais a voulu créer l’évènement en annonçant une sélection de photographies connues et inédites. Malheureusement, les images sont inégales. D’une photographie à l’autre, on s’extasie, puis on s’interroge : que me montre-t-on ? où m’emmène-t-on ? La photographie couleur est un moyen d’expression bien différent du noir et blanc. Comparé à l’œuvre monumentale de Raymond Depardon, ces 150 photographies couleur exposées au Grand Palais montrent qu’il faut toute une vie pour s’approprier un medium et y développer un regard exceptionnel.

En fait, pour apprécier cette exposition, vous n’avez qu’une solution : bien connaître le travail et la vie de Raymond Depardon et beaucoup apprécier ses photographies. Sans cela, il est difficile de rentrer dans son propos, d’y apprendre quelque chose ou même de découvrir ce photographe incontournable.

Le bilan

Vos raisons d’y aller

– Vous connaissez bien le travail de Raymond Depardon en noir et blanc et vous avez envie de découvrir ses premiers reportages en couleur ainsi que ses productions en 2013.

Vos raisons de vous en passer

– La scénographie* (cf lexique) de l’exposition est assez obscure pour une lecture claire de l’exposition. Le sens de circulation parmi les œuvres n’est pas évident. La quasi absence de repères textuels rend l’exposition difficile d’accès pour celui qui ne connaît pas Raymond Depardon.

[box type= »1″]
Un moment si doux, Raymond Depardon
au Grand Palais
3, avenue du Général-Eisenhower, 75008 Paris.
Jusqu’au 10 février 2014.

Horaires
Tous les jours de 10h à 20h
(fermeture hebdomadaire le mardi),
nocturne jusqu’à 22h le mercredi.

Tarif
Plein : 11 €. Réduit : 8 € (16-25 ans, demandeur d’emploi, famille nombreuse).
[/box]
[/columns]
[columns width= »1/2″ last= »true »]
[box type= »1″]

LEXIQUE

Scénographie : désigne la mise en scène des images dans l’espace d’exposition, leur ordre d’apparition, leur taille, leur encadrement.
La Datar : Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale. En 1984, une commande de la Datar donne lieu à une mission photographique qui demande à, au départ, 12 photographes de représenter le paysage français des années 1980.
[/box]
Raymond Depardon, Un moment si doux

Harar, Éthiopie, 2013 © Raymond Depardon, Magnum Photos

Raymond Depardon, Un moment si doux

Sur la route avant La Paz, Bolivie, 2005 © Raymond Depardon, Magnum Photos

[/columns]
Raymond Depardon, Un moment si doux

Van-Tao, Vietnam, 1972 © Raymond Depardon, Magnum Photos

Raymond Depardon, Un moment si doux

Glasgow, Ecosse, 1980 © Raymond Depardon, Magnum Photos