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Corentin Fohlen, Prix jeune reporter 2010 : « Dans ce métier, on t’encense très vite, mais on t’oublie aussi rapidement. »

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Corentin Fohlen

Corentin Fohlen est un photographe indépendant qui, après des années de photojournalisme d’actualité, se tourne aujourd’hui vers des sujets plus proches du documentaire. Bien connu des rédactions françaises et étrangères, il a remporté un World Press Award en 2011. Un an auparavant, il repartait du festival Visa pour l’Image avec le Prix du jeune reporter de la ville de Perpignan.

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De la BD au Prix du jeune reporter

L’image, Corentin Fohlen, né en 1981, l’a d’abord abordée par le dessin, et plus particulièrement la bande dessinée, lors de ses études d’illustration à Bruxelles. Mais finalement, c’est avec la photographie qu’il choisit de raconter des histoires. De retour à Paris en 2003, il commence à couvrir l’actualité « chaude » et intègre différentes agences avant de revenir à un statut d’indépendant. En 2005, il fait la couverture de Time Magazine sur les émeutes dans les banlieues. Il enchaîne ensuite les reportages, en France et à l’étranger (Nord-Kivu, Afghanistan, Kosovo). Et en 2010, il est le plus jeune photojournaliste à exposer au festival Visa pour l’Image. Son travail « Haïti/Bangkok, de l’horreur à la révolte », lui vaut le Prix du jeune reporter de la ville de Perpignan.

Garder la tête froide

Quel impact cette récompense a-t-elle eue sur son parcours ? « Même si j’avais déjà commencé a faire mon trou dans la presse française, ce prix a donné un vrai coup de projecteur sur mon travail et mon nom, notamment à l’étranger. Bizarrement, les trois mois qui ont suivi ne m’ont apporté aucune commande ! Mais une période de travail intense a suivi », raconte-t-il. Pour autant, sa vie professionnelle ne s’en trouve pas transformée radicalement : « Dans ce métier, il faut garder la tête froide. On t’encense très vite, mais on t’oublie tout aussi rapidement. C’est certes flatteur de recevoir une telle récompense, mais aussi très abstrait : dès le lendemain, j’ai dû faire face au quotidien du free-lance. J’ai continué à financer mes reportages et à assurer une diffusion de manière indépendante. »
Il reste que ce prix a contribué à consolider à la fois sa motivation — continuer à se battre pour témoigner de l’actualité — et sa crédibilisation dans le milieu du photojournalisme.
Depuis 2012, le prix du jeune reporter de la ville de Perpignan a pris le nom de prix Rémi Ochlik, en hommage au jeune photojournaliste mort à Homs en février de cette année-là. « C’est très bien », commente Corentin. « Cela permet de se rappeler chaque année les risques pris par les reporters, de faire perdurer la mémoire et le travail de Rémi. »

Le prix ne fait pas le professionnel

Alors, ces prix « jeune », véritable coup de pouce ? A ce sujet, Corentin Fohlen émet des réserves : « Oui, ces prix permettent vraiment d’aider les photographes qui débutent, surtout s’ils sont dotés. Mais je critique ouvertement la multiplication des prix qui demandent une participation pour y postuler. Tout le monde le sait, il est difficile aujourd’hui de se faire publier, de se faire un nom, et pour beaucoup de jeunes photographes, les prix sont une manière d’enfin sortir du lot. Ce besoin — légitime — de reconnaissance est attisé par certaines manifestations, qui instaurent un système qui n’a pas lieu d’être, d’autant que souvent, le prix est très faiblement doté, voire pas du tout. On a l’impression, une fois de plus, d’être la vache à lait du milieu. J’imagine le nombre croissant de photographes qui espèrent ainsi, en jouant à la roulette, avoir la chance un jour de gagner quelque chose. Mais le prix ne fait pas le professionnel. »

Corentin Fohlen revient tout juste d’Ukraine, où il a réalisé un reportage sur le mouvement pro-européen Maidan — un bref retour à la « News », ses premières amours. Car depuis deux ans, il s’attache à travailler sur le long terme, notamment à Haïti, où il retourne régulièrement. Après le Prix du jeune reporter, la maturité ?

Corentin Fohlen exposera une sélection d’images sur Haïti proposée par Epic Stories au 61, 3, rue de l’Oise, dans le 19e à Paris, du 14 au 28 février.
Le site internet de Corentin Fohlen : www.corentinfohlen.com

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Corentin FohlenCorentin Fohlen

Les chemises rouges occupent le centre de Bangkok depuis 2 mois pour exiger la démission du gouvernement thaïlandais, mai 2010. Images tirées de l’exposition « Haïti/Bangkok, de l’horreur à la révolte » présentée à Visa pour l’Image 2010.

Corentin Fohlen

Des orphelins pris en charge par l’organisation Mission of Hope sont amenés à la plage publique de Monrouis pour la journée, au nord de Port-au-Prince. In the name of Haïti, janv-avril 2013.

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Corentin Fohlen

Maïdan, Ukraine, janvier 2014.

Corentin Fohlen

Maïdan, Ukraine, janvier 2014.

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